Zao Wou-Ki, Vent (1954, huile sur toile)
Le voilà qui circule à l’instant – non, depuis quelques jours,
L’imprévu l’aggravé – se ressent
Nous concurrence fragment par fracture
L’avant l’après, la houle avale goulûment
Ample sans intersection, en plein visage pourtant
Formelle accueillante – malgré
Les naufragés que nous sommes
Les chutes et les bris de verre qui nous saignent
Caresse giflante gifle apaisante [...]
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Publié dans Fractions, taggé poème à octobre 24, 2009 | Laisser un commentaire »
A cela sans accès
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Plans innombrables maintes fois défaits
Rétablis dans le désordre
Epars puis déchirés
Partie démise
Ivre l’herbe goinfrée de terre
Pelletées fraîches
Creusées fébriles
Les corps à corps séparés
Sinuent en silence
Pas à pas épais
Leurs gestes imprégnés
A la source
De chaleur engrillagée
Les paumes se frôlent
Dans l’allégresse
Jusqu’au face à face
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A cela sans accès
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Dans l’incertitude, les questions se donnent comme des indices. Elles formulent un désir de repères, et c’est déjà mieux que la détresse. En visitant la rétrospective Soulages, je ne cesse de m’interroger, non par défiance plutôt par défaut. Le noir est-il vide ou saturé – saturé de choses ou de pensées ? Où se placer ? De [...]
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« Le récit met les corps en pièces, satisfaisant la nécessité de les réifier, de les instrumentaliser. » (Catherine Millet)
Robert Rauschenberg (1925-2008), Gelée Blanche
- Occuper l’interstice entre l’art et la vie -
C’est une chose que je devrais garder à l’esprit chaque fois que, éprise d’un livre – ou d’un film – je me réjouis d’avance du plaisir [...]
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Je crois avoir compris récemment que la lecture est moins une activité intellectuelle qu’une relation. Cette qualification étant posée, je serais par contre bien en peine d’en préciser les termes. Une relation entre qui et quoi ? C’est à peine si je parviens à déceler en moi la trace d’un échange ; par contre j’identifie très précisément [...]
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Lorsque le ressort s’est détendu, certains rouages quelque temps continuent à fonctionner, de plus en plus ralentis, puis toute la machinerie s’arrête. Alors si le soleil reparaît tout s’efface bientôt, le brillant appareil s’évapore : il a plu. (Francis Ponge, Le parti pris des choses).
Pour moi non pas une machinerie mais un luxuriant organisme, un corps [...]
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… car ce qui arrive au langage n’arrive pas au discours : ce qui « arrive », ce qui « s’en va », la faille des deux bords, l’interstice de la jouissance, se produit dans le volume des langages, dans l’énonciation, non dans la suite des énoncés : ne pas dévorer, ne pas avaler, mais brouter, tordre avec minutie…(Roland Barthes, Le [...]
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“Ainsi, à l’épaisseur des choses ne s’oppose qu’une exigence d’esprit, qui chaque jour rend les paroles plus coûteuses et plus urgent leur besoin.” (Francis Ponge, Proêmes).
Paper house d’Elis Stenman via Le Divan Fumoir Bohémien
Il y a là quelque chose qui me réconforte comme un rideau écarlate. L’essentiel se passe devant (dans la salle, bien sûr), [...]
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Durant mon séjour, j’ai pris soin de prendre des notes. Au fur et à mesure, je les consignais dans un carnet ligné à larges spirales que j’emportais partout avec moi, le moins cher, d’un aspect plutôt vilain si ce n’est que les feuilles, toniques comme l’eau fraîche en plein soleil, douces au toucher, me procuraient [...]
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J’ouvre ce livre pour m’en aller. C’est un geste que mon accablement ne rend pas moins volontaire, en dépit de la sournoise inertie que l’expression “acte désespéré” cherche à m’imposer, fondée sur la prérogative d’un vocabulaire approximatif qui s’agrège difficilement à mes motivations. Il est essentiel que le livre perce le séjour fortuit qui, une [...]
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