Elle ne parle pas. Elle coïncide.

A propos de Schönberg, Berg, Varèse, Bartok…

Pour les uns, la convocation de ces quatre compositeurs, tableau métonymique de la musique moderne, est une séduisante sollicitation. Pour les autres, cette concordance de personnes  se substitue, avec un effet nettement antagoniste, à celle qui, attendue, nécessaire, sous-tend leur goût musical.

C’est que la désagrégation de la tonalité, initiée bien avant Schönberg au vingtième siècle, mais théorisée par lui, creusée encore, approfondie, augmentée par ses élèves et successeurs, voire ensuite contredite et critiquée, continue à partager le public de musique dite « classique ». Paradoxalement, cette secousse dans l’harmonie a permis un retour au fondement de la musique. Car davantage qu’un arrangement fluide de mélodies, dont les phrases, limpides et chantantes, s’agrègent facilement à la mémoire, la musique est, par excellence, l’art de l’abstraction. Et ce qu’elle exprime ne peut être traduit en aucun autre langage. Toutes ces mélodies, dont on peut tracer les contours, toucher presque sensuellement la matière languide, ne finissent-elles pas par ressembler à du dessin, de l’architecture, du sentiment – à tout, sauf à de la musique, qui, elle, ne ressemble à rien ? Ces dissonances que l’on croit percevoir à l’écoute d’oeuvres nouvelles, loin de nous éloigner de nous-mêmes, de notre sensibilité, nous en rapproche au contraire de la façon la plus noble, concentrant l’attention sur les régions inaccessibles de l’être, que la pensée même ne peut atteindre. Certes, ces compositeurs n’opèrent pas au hasard. Ils recherchent sans cesse de nouveaux principes, inspirés par les sciences ou la philosophie, à l’extérieur comme à l’intérieur de la sonorité. Pour autant, si ces rouages ne sont pas dénués d’intérêt, ils n’en sont pas moins accessoires quand il s’agit d’apprécier la musique pure. Pour ce qu’elle offre, elle exige un engagement élevé de la part de l’auditeur. A ce prix, il n’y aura ni rêverie ni pensées concrètes, mais un voyage étonnant dont on ne dira pas un mot.

Concert au Palais des Beaux Arts, samedi 08/11/08 : Bamberger Symphoniker sous la direction de  Jonathan Nott, avec Pierre-Laurent Aimard (piano)

Les œuvres jouées seront :

–          Schönberg : 3 klavierstücke op. 11

–          Berg : 3 orchesterstücke op. 6

–          Varèse : Octandre

–          Bartok : concerto pour piano n°1

Liens utiles :

–          Site du Palais des Beaux Arts, références du concert.

–          Schönberg (1874-1951) à la médiathèque

–          Varèse (1883-1965) à la médiathèque

–          Berg (1885-1935) à la médiathèque

–          Bartok (1881-1945) à la médiathèque

–          Pierre-Laurent Aimard à la médiathèque

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