Insomnie

(Josef Šíma)

.

La lune gravit la nuit  sans sommeil

Comme il tarde à venir

L’insomnie lape l’œil  langue de javel

Alentour il n’y rien à voir rien n’est assez noir

Dans la chambre un grand drap de yaourt

Sur le lit s’affale  inutile clapotant

Dessus le matelas blanc et blanc

Écoulement glacial épais nappage

L’esprit se tend à la vertébrale

.

Les paupières sont des médicaments périmés

Des calmants douçâtres des emplâtres diaphanes

Une dentelle un éventail

Taillées dans l’âme frêle corail

Là-dessous lancées à plein régime les pensées

Sont des galops des bolides des TGV

Que peuvent les paupières fleurs de crâne

Quand jaillit fulgurant le flot d’anxiété

Crevant les fatigues à grands coups d’idées

.

La nuit étire ses longues pattes

Puis les replie sous elle tiède grillage

Une matrice son doux ventre

Aspire les endormis

Dans ses veines chauds conduits

Ils oublient s’y meurent

Nouveaux-nés chaque matin

Fraîcheur carnée de l’orbe plein

Duvet gâté dénué d’ardeur

.

L’heure macère coriace écume et ressac

Pour les éveillés rampant sur son rivage

Imperturbable miroir sans tain

L’insomnie filtre l’esprit le retient

Déjoue Tantale de rêves moelleux de menus comas

Loin loin dans l’illimité

Le lendemain pâlit  malmené

Encore une fois se délite

Affaire classée sans suite.

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