L’écoulée

où ai-je mis ce que je voulais faire dans quelle région inhospitalière dans quel paysage indisponible où ai-je mis ce que je voulais chercher dans quelle chambre l’ai-je veillé sous quel oreiller gelée l’enquête sous quel lit quels éboulis où ai-je laissé ma main desséchée de quel arbre est-elle tombée l’ai-je cueillie m’a-t-elle manqué qu’ai-je dit qu’ai-je vu quel contrechamp qu’ai-je ri tout ce temps qu’ai-je à feu et à sang quels sentiments quelle parade si souvent de face et simultanément folle d’espace  où ai-je su que jamais plus ai-je cru que pourtant ai-je admiré ai-je décrié j’entends les fracas les traces au figuré où ai-je pensé hors d’ici ai-je inachevé ai-je assez créé suffisamment fourvoyé l’envers les contours le défini où ai-je dit l’imaginaire où ai-je mis ce que j’avais encore à faire sous quel œil écarquillé sous quel ciel défenestré pourvu que plus jamais pourvu qu’insufflée où ai-je conçu l’échappée si demain la houle et quelque autre telle est l’écoulée

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