Un parapluie rouge

Il ne découle pas, il vient après – le méconnaissable, le caché –  se produit comme si je l’attendais. Entre le tout est dit et le rien n’est pensé. Comme si je l’appelais, l’après – le sans mesure, le sans affinité. Il est temps de désachever.

Il vient après, révoqué, comme si je m’appropriais les restes inconsommés. L’imparfait, le littéral. Comme si moi seule face à l’instant.

L’après,  il insiste, sa venue froisse, allège, passe. Il trépigne comme si je demandais qu’il soit délivré. Séjourner dedans, éclaircir l’instant, l’extraire comme un si seulement, le dénouer, mort-né, hors des cages, l’avorton, hors du passé, des têtes closes.

Tant qu’il ombre, tant qu’il éblouit, tant qu’il ruisselle. Me retourner, à peine, l’entrapercevoir.

L’instant contrarie la croyance. Ce qu’il faut pour l’accueillir. Très peu.

Il peut disposer, se donner des airs d’inconséquence, il peut me reposer, la consigne étant, fausse somnolence, il peut laisser l’intact s’exprimer. Comme si je l’écoutais.

Entre le taciturne et le ruisselant. Demandez-moi ma préférence, je réponds l’après. Ce que j’attends entre le tout est dit et le rien ne suffit. L’impensé.

La précaution s’invite-t-elle dans le discours ? Il y a l’après – que défaire qui ne l’est déjà ? La précaution et sa comparse raison pratiquant des autopsies.

La brûlure ouvre les lèvres, elles attendent l’aiguille qui déchiffre et l’aiguille qui referme. Langues frottées qui enflamment le silence. Demandez-moi la mienne, j’opère dans le si seulement du corps et je fais fleurir les cicatrices. Comme si je les cueillais.

Mon rôle se joue à l’extérieur, je crois que la salle est vide. J’étais là, meilleure interprète, j’entendais les ovations, j’étais là, à l’instant, je lisais ma partition, à merveille. Après – la salle est vide. Et mon visage déverrouille la grimace,  décape le masque – s’efface. La salle est vide. Comme si j’officiais l’absence.

L’après – face à face, l’envers est l’insondé.

Demandez-moi où je suis, je dis dans l’après. Contemporaine de quelques pas, quelques pensées, le temps de désachever. Ce qui n’appartient à personne, ce qu’on laisse traîner, ce qu’on néglige. L’inconsommé.

C’est pourquoi le subsidiaire, c’est pourquoi l’éblouissement, l’instant  me ravit, j’opère dans le si seulement de la lumière.

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Photo : Saul Leiter

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