Va, pensée (Ingeborg Bachmann)

« Va, pensée, tant qu’un mot clair est ton aile

pour l’envol, te soulève et s’en va là-bas

où les métaux légers se bercent,

où l’air est pénétrant

dans un esprit nouveau,

où les armes parlent

d’une seul façon.

Bats-toi pour nous là-bas !

« La vague soulevait un bois flotté, elle retombe.

La fièvre te serrait contre elle, et puis te lâche.

La foi n’a fait que déplacer une montagne.

« Laisse debout ce qui est debout, va pensée !

pénétrée de rien d’autre que notre douleur.

Sois notre pleine équivalence. »

.

Ingerborg Bachmann, Poèmes (traduction : François-René Daillie).

.

Photos : Armando Salas (Portugal,1916-1995),  Trois photographies de la pensée (1968).

 

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8 réflexions sur “Va, pensée (Ingeborg Bachmann)

  1. jour en blanc

    en ces jours je me lève avec les bouleaux
    et je peigne mes cheveux de blé depuis le front
    devant un miroir de glace.
    avec mon souffle mélangé,
    le lait floconne.
    si tôt il mousse.
    et quand je soulève le carreau, apparaît,
    peint par une main d’enfant,
    à nouveau le mot: innocence!
    après tant de temps.
    en ces jours je n’ai plus mal,
    de pouvoir être oubliée
    et que je doive me souvenir de moi.

    j’aime. Jusqu’à la folie
    j’aime et je remercie avec des saluts anglais.
    je les ai appris en vol.
    en ces jours je pense à l’albatros
    avec lequel je tournoie
    de haut en bas
    dans un pays non écrit.

    à l’horizon je perçois,
    brillant dans le crépuscule,
    mon continent superbe,
    là-bas en face, qui me congédie
    dans la chemise de la mort.

    Je vis et entends de loin son chant du cygne

  2. Merci – en effet, à ma connaissance il n’y a qu’un seul recueil de ses poèmes traduits en français, mais je pense que cette lacune va être bientôt comblée.

    (vous avez supprimé votre blog ?)

  3. Oui ! Je l’ai supprimé.
    J’utilise l’ancien pour signer mes messages mais je ne compte pas l’utiliser. Ou uniquement pour mettre en ligne des textes parus ailleurs.
    J’ai arrêté !

  4. Traducteur de ce « recueil » d’Ingeborg Bachmann — en fait, de ses poésies complètes, — je puis vous assurer qu’il n’y en a pas d’autres…
    François-René Daillie

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