– Paysage mutuel –

Il n’empêche que ce qui se passe, et nous passe, demeure l’énigme.
Philippe Lacoue-Labarthe, Phrase.

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Son nom se traverse, perd le pas qui se pose
Abrupt en crevasses presque
Comme s’il ne tenait pas
Ensemble s’efface où l’on s’arrête
D’accidents pèle en chutes
Forces de se fendre
Son nom par le trébuchement
Façonne un paysage mutuel
Monde, monde rejoint
A l’étroit rivage de l’événement
(est-ce
A nous que ce mouvement s’adresse ?)
Et ce qui en dérive – est-ce seulement là ?
Les récits fuient notre mémoire (se dire,
en cela, nul abri ne fut jamais)
Epars déjà, empreintes à demi
Hier encore ils s’enlaçaient
Parcourant des distances infinies
Au balancier des mains – poème
Doigts de langue noués
Est-ce aux amants le piège ? Qu’ici donc
Resserré l’espace
Semble de plus belle se fissurer
L’aube d’une lune excessive
Leur arrache le prochain soleil
Un matin c’est le printemps
Quelle chance, quelle chance
Tombe d’une nuit immense
En elle en nous
On sait l’obscur veille
Oh il peut bien cacher le sommeil là
N’est pas n’est pas le lieu non
Même le soir
Litige son nom défait
Perd le regard
L’attendant l’imaginant
Se tait
Probablement jeté
A l’un de leurs vertiges

.

capture : Nostalghia, A. Tarkovski.

Pas même mon nom, je te l’ai donné.

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