La violence s’exprimera par un excès de délicatesse

« Je veux évoquer ce qui forme la matière lourde, engluante, prosaïque de la vie ordinaire et tout ce que celle-ci recèle de fureur et de démence. Je veux hanter par les mots la réalité la plus palpable en essayant néanmoins de la soulever légèrement au-dessus du sol commun, de lui donner une texture particulière faite à la fois d’étrangeté, d’inquiétude et d’amabilité. Ainsi, la violence s’exprimera par un excès de délicatesse, par un calme incongru, un infime dérèglement des habitudes, une bizarre dissolution de la politesse, par l’ironie aussi qui peut frapper durement. Tout lecteur doit apprendre à se méfier de la douceur en littérature, c’est souvent grâce à elle que la violence cache son jeu. »

Marie NDiaye, extrait d’une déclaration faite aux Assises du roman de Lyon en 2009 (citation entendue ici).

Image : Karl Horst Hödicke, Gobi noir (1982 – résine synthétique sur toile)

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