– hier transi ne fait qu’attendre –

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hier transi ne fait qu’attendre

exactement vide

plaines molles non figuratives

sol mat

dépaysement abstrait

file ainsi faite

l’addition grégaire

–  moindre relique

moindre perspective –

blason de signes

béante photographie

tonnante vitrine

tout ce qui

forclos

invite

au recensement

 des mots efforcés

qu’intéresse

le sentiment

forteresse

laissant ivre

le vivre ouvert

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peinture : Zao Wou-Ki (détail)

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Le dialogue est rare

(encre : Zao Wou-ki)

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Est-ce à moi de dire

La parole n’est mienne

Révolue

En la distance acquise

A l’affluence

Tout autre compromise

Lorsque reçue

Creuse elle revient dense

L’ impatience raréfie

Le verbe rabâché dès avant

Sa naissance

Proférer signifie

Ma déficience

Est-ce encore à moi

Ce verbe sans ressemblance

Que définit non ma voix

Frêle non moi ne me définit

Qu’enfreinte et cela

Cela cependant me délivre

D’être si peu là

N’est mienne

La parole initiale

Dès lors inachevée

Poreuse offerte

Afin qu’elle me revienne

Renouvelée

Voyageuse

Est-ce à moi de dire

Non mienne non tienne

La parole erre

En cet intime écart

Insaisissable elle

Nous désempare

(exotélisme)

Zao Wou-Ki, Vent (1954, huile sur toile)

Le voilà qui circule à l’instant –  non, depuis quelques jours,

L’imprévu l’aggravé – se ressent

Nous concurrence fragment par fracture

L’avant l’après, la houle avale goulûment

Ample sans intersection, en plein visage pourtant

Formelle accueillante – malgré

Les naufragés que nous sommes

Les chutes et les bris de verre qui nous saignent

Caresse giflante gifle apaisante c’est

Une désertion

La possibilité de s’extraire

Plus loin qu’au-delà, plus en dehors qu’ailleurs,

La possibilité d’exprimer, d’exproprier nos corps

Le souffle béant prend la lividité vide de pensée pour l’arrachement d’un accès

Hors des torpeurs imaginables des chaleurs imaginaires hors des chairs familières

Il gémit nous gémissons comment intégrer l’origine à ce point de dissolution de

Révolution nous suffoquons il s’affole le désordre nous omet

Lorsqu’il ingère la substance confinée il s’informe et s’accumule

Jusqu’au désir inverse d’anéantir ce qu’il est

Diffère-t-il au jour le jour

Où tout correspond  mélangeant

Les larmes invalidées

Nous pouvons nous défaire

Mais jamais quelque soit la rage, l’effort,

Jamais véritablement

Nous délivrer.